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A la plume de mes doigts

A la plume de mes doigts

Ecrivain public, correctrice, conceptrice, rédactrice, formatrice en Bourgogne Franche-Comté, Doubs, Jura, Suisse

Affaire Aurélia Varlet : L’état reconnaît ses fautes

Justice

Bientôt quatre ans après le meurtre d’Aurélia Varlet à la Rivière-Drugeon, tuée à 32 ans, par son compagnon Didier Grosjean, lequel s’est donné la mort aussitôt après, Patrick et Giovanni Varlet, le papa et le frère d’Aurélia, ont une lueur d’espoir dans l’issue de leur combat. En effet, avec la mort de l’auteur, la justice s’arrête. La famille Varlet se trouve alors privée du procès de Didier Grosjean. Ne voulant pas en rester là, surtout après la découverte des antécédents d’homme possessif et dangereux de Didier Grosjean, Patrick et Giovanni ont donc décidé de porter plainte contre l’Etat pour dysfonctionnement graves de ses services.

  • Vous avez décidé de porter plainte contre l’Etat en 2015. C’est une démarche justifiée, mais qui n’en reste pas moins compliquée ?

Patrick Varlet : J’ai rencontré l’ex petite amie de Didier Grosjean qui avait déposé quatre plaintes pour faits graves (séquestration, enlèvement, menace de mort, tentative d’homicide) contre lui. Elle vivait un enfer, comme une bête que lui,  prenait en proie. Elle a dit au Procureur de la République qu’il la tuerait si elle le quittait, qu’elle avait peur, qu’il avait un fusil. Le Procureur est inquiet et demande aux services de gendarmerie de faire une audition de Didier Grosjean et de son ex petite amie, et une perquisition que les gendarmes ne feront jamais. Il y a quelque chose d’anormal dans cette affaire. Ce mec était infranchissable. Protéger quelqu’un qui est ignoble, c’est incompréhensible. Au fond de moi, je me dis que cette justice paye. On porte plainte contre l’Etat. Il s’est donné la mort, mais on n’en reste pas là ! Ces personnes qui le protégeaient, qu’elles payent aussi. Pour elle, je me battrai, en son honneur.  On bougera ce qu’il faudra bouger. On ira jusqu’au bout.

  • Avec votre avocat Maître Randall Schwerdorffer, vous avez donc envoyé une requête au ministère de la Justice ?

PV : Oui, nous avons envoyé une requête reprenant tout l’historique des dysfonctionnements et des insuffisances graves de ses services. A notre grande surprise, notre avocat reçoit quelques jours plus tard un appel du ministère de la Justice, qui nous informe que notre requête est prise au sérieux. Elle est étudiée par les magistrats de la commission d’indemnisation. On arrive donc avec mon fils Giovanni, au ministère à Paris le 17 avril 2015. On reçoit des excuses de l’Etat, des condoléances de la France. L’affaire n’est pas passée inaperçue au niveau du ministère. La justice va faire droit à la requête. Elle a normalement transmis le dossier au ministère de l’Intérieur. Le fait d’être accueilli à Paris est unique en France. On a tellement bougé de choses ! Ce soulagement ne me ramènera pas ma fille. C’est un réconfort, une survie.

  • A ce jour, où en est l’affaire ?

PV : A ce jour, nous n’avons pas de nouvelles. Avec l’aide de notre avocat, nous avons envoyé de nouveau un courrier en recommandé au Président de la République, aux ministères de l’Intérieur et de la Défense, avec des DVD, des coupures de journaux, le 13 mars 2017. Nous avons reçu une réponse le 17 mars 2017 ! J’ai reçu une réponse favorable pour un soin attentif concernant notre procédure ! Des mots touchants nous annonçant qu’une nouvelle enquête va normalement être ouverte. La rapidité de leur réponse nous prouve qu’ils sont attentifs au combat. J’ai bousculé beaucoup de monde pour nous faire entendre. Nous sommes parus sur Aujourd’hui en France, Nouveau Détective, l’Est Républicain... J’ai même reçu une lettre de Jean-Pierre Pernault.

  • Un reportage « Les cicatrices de la justice » a été réalisé sur les erreurs impardonnables du meurtre d’Aurélia et diffusé à la télévision.  Quel est l’impact de cette médiatisation ?

PV : Après la diffusion de l’émission, nous avons reçu avec Giovanni 11500 SMS. L’émission est parue tout de suite après le 24 décembre, un beau cadeau pour Aurélia qui est née le 24 décembre 1980. On veut s’afficher pour se faire comprendre. Les deux premières années, on avait la rage et un jour, une étoile m’a dit : c’est mon cœur ma meilleure défense. Il faut être digne et aller jusqu’au bout pour que les personnes soient mises devant leurs responsabilités. C’est anormal, tellement anormal….On l’a fait aussi pour se faire entendre et pour les femmes.

  • L’affaire d’Aurélia montre que le combat des femmes est hélas toujours d’actualité….

GV : On a été pour Aurélia au ministère de la Justice, mais je pense qu’on a représenté beaucoup de femmes ce jour-là.

PV : On se bat pour que ces hommes et ces femmes aient de la ressource de ne pas se laisser faire et pour alerter pour que ça ne se reproduise plus. Nous sommes déterminés face à notre combat pour l’honneur de ma fille et des femmes battues, harcelées.

  • Et vous, comment allez-vous ?

PV : Je me sens mieux. Je l’entends. Elle me dit « c’est pas grave papa, tu existes ». Je garde le sourire. Avoir le sourire, c’est être un clown qui rit et qui pleure. Un clown ça apporte de la tristesse et de la joie à la fois. Soyons un clown à la vie ! Si on n’a toujours pas de nouvelles, pas de problème, vu avec notre avocat, on va écrire au nouveau président !

La vidéo des cicatrices de la justice est visible sur Youtube, les erreurs impardonnables du meurtre d’Aurélia : https://youtu.be/SdGnhkONXlw

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