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A la plume de mes doigts

A la plume de mes doigts

Rédactrice, correctrice, conceptrice, formatrice, secrétaire indépendante en Bourgogne Franche-Comté

Un deuxième toit pour l’association « Repair »

La Rivière-Drugeon

Solidarité

Patrick Colle dans le salon de la maison de La Rivière-Drugeon, devant des boiseries réalisées par un ancien artisan du village, M. Henri Grillon.

Créée il y a moins d’un an, l’association Repair accueille déjà cinq réfugiés sur Pontarlier et attend une famille pour septembre sur la Rivière-Drugeon.

Face au constat d’impuissance qui les animait en regardant à la télévision l’actualité, ces quelques personnes, pas encore fondatrices de l’association, se demandaient « Qu’est-ce qu’on peut faire ? » L’idée leur est alors venue d’organiser une conférence informative avec un historien, sur le pourquoi de la situation. « A plus de trente personnes, nous créons l’association », se disent-elles. La salle Morand fut comble ce jour-là ! Un mois plus tard, l’assemblée générale avait lieu et Repair (Réseau Pontarlier Accueil Insertion Réfugiés) voyait le jour, avec à son actif aujourd’hui, 135 adhérents.

« Cette association, c’est du bon cœur, de la compétence et de la durée », explique l’un des co-présidents, Patrick Colle, qui partage sa fonction avec Laurence Bouchet, « puis des commissions », poursuit-il.  L’association est en effet parfaitement rodée en cinq commissions. « La première est l’hébergement. Elle est chargée de trouver des toits dans des lieux neutres », développe-t-il. « On cherche des toits de bailleurs privés avec des loyers les plus modérés possibles. Les loyers sont payés avec du financement participatif. Nous disposons actuellement de deux logements : l’un à Pontarlier mis à disposition un an (dont les propriétaires sont partis faire le tour du monde) et l’autre à La Rivière-Drugeon, mis à disposition entre 12 et 18 mois, avant sa probable vente. ».

L’appartement de Pontarlier accueille cinq jeunes réfugiés, âgés entre 25 et 30 ans, d’origines et de religions différentes. Il y a par exemple Adam, qui était à sa troisième année d’études vétérinaires au Soudan avant son exil. Une jeune syrienne était journaliste. « Plus ils sont instruits, plus ils sont gênants pour leurs gouvernements », constate Patrick Colle, qui se réjouit néanmoins « d’avoir eu la chance d’avoir des jeunes avec un désir de servir ».

Devant la difficulté à trouver des logements sur Pontarlier, l’association a décidé « d’ouvrir sa demande le long de la voie ferrée », et a ainsi trouvé la maison de La Rivière-Drugeon depuis un mois. Après quelques travaux réalisés par des bénévoles, des dons de meubles et de vaisselle, l’habitation est bientôt prête à accueillir une famille irakienne chrétienne de quatre personnes, des parents avec leurs grands enfants d’une vingtaine d’années, « dont le papa était haut fonctionnaire et le fils parle anglais. Ils sont de famille avec ceux de Mouthe », détaille Patrick Colle. Le loyer sera de 500 €.

La deuxième commission « l’accueil des réfugiés » prend en charge les problématiques de santé, d’hygiène, d’alimentation, de couverture mutuelle, et offre « un accompagnement personnalisé ». La troisième est l’apprentissage intensif du français. « C’est une commission importante pour l’intégration et elle s’exerce avec des compétences internes, des bénévoles ainsi que des structures locales comme la MJC des Capucins. ». La quatrième est la communication. « Nous avons un groupe Facebook, organisons des manifestations comme le bal folk le 25 juin, qui a été un succès, où les personnes présentes ont pu partager un moment de danse avec les migrants. ». Enfin, la cinquième et dernière commission est la finance. L’association envisage par exemple d’aider ces jeunes réfugiés à passer le permis.

« Notre objectif est de s’installer dans la durée pour que toutes les compétences s’exercent, d’autant plus que nous avons une pluie de compétences avec un médecin, une assistante sociale, une psychologue, des professeurs de français…. »

« Dix-douze personnes à gérer, c’est bien. Ils ont la vie devant eux. Ce ne sont pas des réfugiés, ce sont des gens avec un nom, une histoire » souligne Patrick Colle. « Il y a un avantage à être un petit nombre dans la motivation à s’intégrer. Quand on est dans une communauté, on ne fait pas d’effort. » A ce jour, deux conventions sont signées avec la Banque Alimentaire et Emmaüs. « On est très heureux ! » conclut-il.

Contact : Association REPAIR, www.refugies-pontarlier.fr, repairhdpontarlier@gmail.com, 0641753392.

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